Un événement International

2018 viendra clore la période de célébrations organisées autour du quatre-vingtième anniversaire de la guerre d’Espagne et de la commémoration des volontaires internationaux accourus pour défendre le gouvernement légitime espagnol et endiguer le péril fasciste en Europe. À ce titre, l’année 1938 constitue une date singulière, marquant à la fois le départ (la despedida) des Brigades internationales et l’acmé de la solidarité sanitaire et humanitaire internationale. Parmi les volontaires, et dans les initiatives de solidarité de par le monde, agissaient militaient et servaient des milliers de femmes.

Volontaires hollandaises : Ans Blauw, NoorDiamant, Trudel van Reemst-De Vries,Dinie Heroma et Jenny Schaddelee. Brochure Wij werkten in Spanje : ervaringen van het Hollandsemedische personeel in Spanje (IISG, Amsterdam).

Les différentes initiatives mémorielles et scientifiques n’avaient, jusqu’à présent, jamais pris l’angle des femmes étrangères et des solidarités féminines internationales durant la guerre d’Espagne, comme logiciel de lecture historiographique et mémorielle. Pourtant, nombre de travaux récents attestent de l’intérêt de ce postulat. C’est dans cet espace, au carrefour de plusieurs dimensions, que l’événement souhaite s’inscrire. En procédant tout d’abord par la réalisation d’un état de la recherche scientifique sur la place des femmes dans les solidarités internationales antifascistes autour de la guerre civile espagnole et sur le rôle et la place des femmes étrangères dans le volontariat transnational associé. Ensuite, par l’ouverture du sujet vers le champ plus large des mobilités militantes et des solidarités transnationales féminines, durant les années trente et au-delà.
 

Le sujet, inédit, traite des volontaires étrangères, du rôle des femmes dans la solidarité depuis l’étranger et dans les initiatives humanitaires transnationales durant la guerre d’Espagne (1936-1939).

 

Cet engagement féminin est particulièrement intéressant à étudier car il se trouve au carrefour de deux caractéristiques majeures du conflit, en particulier en ce qui concerne le camp républicain : sa capacité de susciter une mobilisation transnationale et la transformation des rapports de genre dans un contexte de guerre, qui fait écho à ce qu’avait vécu l’Europe lors de la Première guerre mondiale. À une exception près, et de taille : lors de la guerre d’Espagne les femmes ne se limitent pas à participer à l’effort de guerre dans l’arrière-garde, elles prennent les armes et leur présence au  front devient un des traits distinctifs du conflit. Cet engagement radical de femmes étrangères aux côtés de la République espagnole, qui n’allait pas de soi, est sans doute un jalon important à replacer dans l’histoire de l’apprentissage politique des femmes et de l’évolution des rapports de genre lors de la longue « guerre civile européenne ».

Fanny Shooneyt, volontaire hollandaise. Collection privée.

«  C’est l’histoire et la mémoire transnationale, d’un engagement humanitaire et d’un combat international pour la défense des droits humains et des libertés fondamentales. Des engagements solidaires, volontaires, d’hommes et de femmes venus de cinquante nations tandis que l’Espagne brûlait au centre du monde »

La guerre d’Espagne est un des événements les plus étudiés par l’historiographie du XXe siècle européen. Pourtant, certains phénomènes ayant trait au conflit restent encore méconnus ou sous-estimés. La participation des femmes au conflit, et son caractère genré d’une façon générale, font partie de ces angles d’étude moins abordés par l’historiographie ; Si l’on connaît relativement bien, en particulier grâce aux travaux de Mary Nash, Angela Cenarro ou Marie-Aline Barrachina, les modalités de la participation des femmes espagnoles au conflit dans les deux camps, c’est beaucoup moins le cas d’un phénomène qui pourtant frappa les contemporains : la participation de femmes volontaires étrangères, engagées en nombre pour la défense de la République sous différentes modalités encore mal connues.

Le colloque se tiendra la quatrième semaine d’octobre 2018, du mercredi 24 au vendredi 26, sur trois sites parisiens.

Le colloque se veut résolument de rang international et a été élaboré en collaboration avec plusieurs institutions scientifiques françaises et étrangères reconnues, notamment avec le projet de l’Université Paris Lumières « Les non-lus de la contestation en Péninsule Ibérique (1926-2011) » et le Centre d’Histoire Sociale du XXe Siècle de l’Université Paris Panthéon Sorbonne. Il va donner une place éminente à des travaux universitaires récents. Plus de cinquante participant. e.s vont se succéder, dont une moitié de femmes, issu.e.s de onze pays, réunissant des universitaires, des conservateur.e.s, des journalistes, des enseignant.e.s, des réalisatrices et réalisateurs, des membres d’associations mémorielles et de jeunes chercheuses et chercheurs.

L’événement, structuré en huit thématiques, se tiendra en français et en espagnol, et quelques interventions en anglais et en allemand. Les débats avec le public seront traduits pour faciliter les échanges. La première journée se tiendra à l’Espace Niemeyer, choix déterminé tant par le caractère symbolique de ce lieu par lequel sont passées la majorité des étrangères en partance vers l’Espagne et par les grandes facilités qui y sont proposées pour l’accueil d’un public nombreux. L’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, coorganisatrice de l’évènement par le biais du Centre d’Histoire Sociale du XXe siècle (CHS), accueillera la seconde journée du colloque. La troisième et dernière journée sera tenue à l’auditorium du Petit Palais. 

L’accès au colloque est libre et gratuit, dans la limite des places disponibles.